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Il y a 40 ans l’EURYDICE

mardi 26 janvier 2010 , par Christian LECALARD

 

En février 1970, embarqué comme patron torpilleur sur la DORIS, en fin de mois, nous avions fait, entre Corse et Baléares, des SMX (entrainement à la détection et à l’attaque de sous-marins au schnorchel ou en plongée profonde).

Participaient à cet exercice trois sous-marins :
- DORIS et EURYDICE sous-marins de 800 tonnes de type DAPHNE,
- ARIANE sous-marin de 400 tonnes de type ARETHUSE.

Cet exercice avait eu lieu la dernière semaine de février 1970. Les trois sous-marins étaient rentrés à TOULON le vendredi soir. La DORIS rentrait la semaine suivante pour une période d’entretien et révision d’un mois.

Le dimanche 1er mars 1970, étant maître de service, le factionnaire me prévient que l’EURYDICE appareille, le temps de monter sur le pont pour les saluer et échanger quelques mots avec un vieux copain Serge PIEGAY, patron torpilleur de l’EURYDICE :

"Salut Serge, encore parti "

réponse de Serge :

"C’est la dernière semaine et, après on rentre en carénage, à lundi prochain".

C’était le dernier contact avec eux.

Après un concours de deux jours d’expérimentation de détection sous-marine avec l’ARAGO l’EURYDICE a liberté de manoeuvre en fin de matinée avant des CASEX AERO avec les atlantics de NIMES GARONS, le 4 mars 1970 au matin. Les secteurs étant au sud-est de CAMARAT, l’EURYDICE mouille sur coffre à SAINT TROPEZ.

Il appareille à 5 h 30 ayant rendez-vous avec un ATLANTIC de la 21F de NIMES GARONS pour un CASEX de 7 h à 9 h.

Cet exercice consiste pour le sous-marin à naviguer à l’immersion périscopique et disparaître avant le seuil de détection du radar de l’avion. 10 minutes après l’alerte, le sous-marin reprend la vue et le contact UHF et VHF avec l’avion.

- A 7 h, l’avion a le contact radar puis a la vue sur l’EURYDICE qui est à l’immersion périscopique aériens sortis. Dialogue UHF entre l’avion et le sous-marin, puis début d’exercice à 7 h 13. Ce seront les derniers contacts.

- A l’heure normale de reprise de contact à 9 heures, l’avion n’a aucune détection ni contact. Il prévient sa base et la préfecture maritime. L’escadrille des sous-marins de la Méditerranée est prévenue.

Sur la DORIS nous recevons d’abord un ordre surprenant :

"De ne pas débarquer le matériel pour l’instant, chose que nous devions faire avant l’entrée au bassin. A 12 heures, je suis appelé avec le président de la DORIS, au PC OPS. Connaissant très bien quelques officiers mariniers de l’EURYDICE, j’étais désigné avec l’officier en second de la DORIS, pour aller prévenir l’épouse d’un ami, que les recherches de l’EURYDICE débutaient.

Triste et désagréable mission que nous avons dû écourter après avoir prévenu les voisins pour apporter leur soutien à l’épouse, car la DORIS était au poste de combat de vérifications pour appareillage vers le secteur de l’EURYDICE.

Nous arrivons sur zone vers 22 heures. Je me souviens de cet étrange silence étant maître de central de quart au moment de la plongée. Habituellement, avant l’alerte quelques mots de plaisanterie sont de mise, mais là, sachant que nos copains étaient dessous, une tension, une vigilance un peu plus soutenues avaient gagné l’ensemble du personnel de quart.

Puis les automatismes ont repris leurs droits. Durant 48 heures, nous avons sillonné par tranche d’immersion entre 50 et 300 mètres, le secteur qui nous était attribué, en interrogeant régulièrement au TUUM, l’indicatif de l’EURYDICE "ROMEO-GOLF".

Dans l’après-midi du mercredi 4 mars 1970, des débris et une tache d’hydrocarbure sont confirmés comme appartenant au sous-marin EURYDICE.

Un signal sismique attribué à une forte explosion est enregistré le mercredi 4 mars 1970 à 7 h 28 par trois stations de provence.

Durant les mois d’avril et mai 1970 le navire US MIZAR, repère des débris de l’EURYDICE par 1000 mètres de fond.

D’autres clichés seront pris par le bathyscaphe ARCHIMEDE aux mois de juin-juillet 1970.

Caractéristiques :


- Longueur : 57,75 m,
- Diamètre : 6,74 m,
- Vitesse : 13,5 noeuds en surface, - 15,5 noeuds en plongée,
- Armement : 8 tubes lance torpilles intérieurs - 4 tubes lance torpilles extérieurs,
- Immersion : 300 mètres,

Construit à la DCAN CHERBOURG sous le n° S 644 :

- Sur cale : en juillet 1958,
- Lancement : le 19 juin 1962,
- En service : le 26 septembre 1964,

Les Commandants successifs :


- LV LAVOLEE, (1962-1964),
- LV CAZENAVE (1964-1966),
- LV MOULINEAUD (1966-1968),
- LV QUERAT (1968-1969),
- LV DE TRUCHY DE LAYS (1969- .......).

 L'équipage de l'EURYDICE

L’équipage de l’EURYDICE

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