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LA VESTALE : tragique méprise

lundi 14 janvier 2013 , par Christian LECALARD

Affecté aux sous-marins en décembre 1940 à TOULON, grâce à son camarade MILLE, Jacques GUERRIER embarque sur "LA VESTALE".

"LA VESTALE" n° 171 est un sous-marin de 630 tonnes de défense côtière construit aux chantiers SCHNEIDER de CHALON SUR SAONE, admis au service actif le 18 septembre 1934.

Elle fait partie de la 17ème DSM avec "LA SULTANE" et "L’ARETHUSE". La 17ème DSM appareille pour effectuer la relève de la 16ème DSM à DAKAR, sous la menace anglaise. Après une escale à CASABLANCA, la 17ème DSM arrive à DAKAR. En avril 1942 "LA VESTALE" appareille pour CASABLANCA puis rallie TOULON pour un carénage jusqu’en 1942. Nouveau transit avec escale à CASABLANCA puis DAKAR qu’elle atteint en novembre 1942.

Les mois qui vont suivre verront la sousmarinade payer un lourd tribut au débarquement des alliés en afrique du nord.

La 17ème DSM a maintenant repris le combat auprès des alliés et rallie ORAN où elle est incorporée au sein de la base des sous-marins d’ORAN en mars 1943.

Le 18 mai 1943, "LA VESTALE" commandée par le lieutenant de vaisseau ATTANE appareille au sein d’un convoi composé du pétrolier d’escadre "LA DROME" escorté par trois patrouilleurs et un dragueur de mines, tous britanniques. "LA DROME" et un patrouilleur quittent le convoi pour rallier TENES. A 17 h, le dragueur de mines placé en tête du convoi, signale une avarie et reste en arrière du groupe. "LA VESTALE" poursuit sa route à 10 noeuds, escortée par les deux patrouilleurs.

La nuit tombe, la mer est calme, le ciel dégagé et la lune brillante malgré quelques bancs de brume. Le commandant recommande à l’officier de quart de ne pas rentrer à l’intérieur de la zone située à moins de dix nautiques au nord de TENES, à l’intérieur de laquelle tout sous-marin peut être attaqué sans préavis.

A 23 h 20, un avion survole le sous-marin puis s’éloigne en lançant une fusée rouge. Le commandant monte à la passerelle mais tout semble redevenu normal.

A minuit, l’enseigne de vaisseau Jacques GUERRIER monte à la passerelle pour la relève de quart. Peu après, l’officier de quart signale une masse noire à quatre mille mètres sur tribord avant. Le commandant identifie un escorteur anglais qu’il pense être en patrouille devant TENES. C’est en fait l’escorteur, HMS WISHART, affecté à la protection d’un convoi britannique qui venait d’être attaqué par un U-BOOT. L’escorteur évolue pour masquer sa silhouette par rapport à la lune. Impossible à "LA VESTALE" de faire les signaux de reconnaissance, le projecteur n’est pas à la passerelle, le sous-marin étant en tenue de veille.

En même temps qu’il manoeuvre pour éperonner le sous-marin, l’escorteur ouvre le feu avec ses pièces de 40 mm et ses "oerlikon" de 20 mm.

La mer est hachée autour du sous-marin, la baignoire est touchée à de nombreuses reprises. Le commandant fait allumer un feu à main et manoeuvre pour éviter l’étrave de l’escorteur lancé à trente noeuds.

Le WISHART s’aperçoit de sa méprise et manoeuvre également mais trop tard. La collision est inévitable. Les ballasts sont crevés, mais la coque épaisse n’est pas endommagée.

Les canonniers, emportés par leur fureur, continuent de tirer à la mitrailleuse et aux canons de 20 mm. Tous les hommes sont blessés en passerelle le commandant est touché, l’enseigne de vaisseau BRANCHE, les deux pieds arrachés par les obus de 40 mm agonise. Les enseignes de vaisseaux DOORNE, ANDRIEUX et GUERRIER sont blessés.

Les officiers anglais réussissent enfin à faire cesser le feu. Les blessés graves sont pris en charge par les britanniques. L’enseigne de vaisseau de 1ère classe BRANCHE ne survivra pas à ses blessures, son corps sera immergé en mer.

Malgré de graves avaries, "LA VESTALE" est remorquée à TENES. Le commandant a sauvé son bâtiment qui a bien failli couler.

L’enseigne de vaisseau Jacques GUERRIER, blessé par un éclat d’obus à la jambe est soigné à l’hôpital d’ORAN.

"LA VESTALE" n’est plus en état de reprendre le combat et est placé en réserve spéciale. 

Le capitaine de vaisseau Jacques GUERRIER est décédé le 21 septembre 2005. Ces notes nous ont été obligeamment communiquées par sa famille. 

 

 

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