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Le sous marin mouilleur de mines "RUBIS" des FNFL (Ch. 2)

Les opérations sous pavillon FNFL

lundi 14 janvier 2013 , par Christian LECALARD

(Les photos illustrant cet article font partie de la collection de la famille de l’Amiral Henri ROUSSELOT. Les précisions des dates et lieux géographiques aimablement communiquées par Monsieur Andrew JEFFREY de DUNDEE) -

 

Le sous-marin "RUBIS" accosté le long du quai nord du bassin Camperdown à DUNDEE

 Le Rubis est disponible à partir du 5 septembre 1940, mais le stock de mines françaises est épuisé. il est employé à effectuer quatre patrouilles en tant que sous marin d’attaque sans résultat.

5ème  patrouille du 5 au 20 septembre 1940 à proximité du Dogger Bank par très mauvais temps.
6ème  patrouille du 5 au 18 octobre à l’entrée de Stavanger.
7ème  patrouille du 31 octobre au 14 novembre 1940 débarquement d’un agent sur la côte ouest de l’île de Bommelö le 3 novembre, puis surveillance de l’entrée de Korsfjord.
8ème  patrouille du 1er au 18 décembre 1940 sur les côtes d’Utvaer, sans résultats.  
Le Rubis entre en carénage, et subi des modifications du système de stockage et lancement des mines, pour l’adapter aux mines anglaises. 
Le Rubis appareille de Dundee le 7 mai 1941 pour essai. Le 10 mai, le capitaine de corvette Cabanier est remplacé par le lieutenant de vaisseau Rousselot, l’enseigne de vaisseau Simon Dubuisson est nommé officier en second.
9ème  opération du 1er au 15 juin 1941 le Rubis est appelé d’urgence pour renforcer le barrage mis en place dans le golfe de Gascogne pour intercepter les raiders Allemands. Le 8 juin, en faisant surface de nuit par mauvais temps, la barre de direction est désemparée 25° à droite. L’amiral sous marin envisage la récupération de l’équipage par un autre sous marin et le sabordage du Rubis. Pendant 2 jours, il plonge le jour et fait surface la nuit en tournant en rond dans le mauvais temps, essayant de tenir la cape avec un moteur. Le 10 juin en soirée, une amélioration du temps autorise l’accès à l’extrême arrière. Un cardan dégoupillé sur la transmission, est la cause de l’avarie. La réparation peut être effectuée et le Rubis rallie Dundee le 19 juin. 
10èmeopération du 14 au 25 août 1941. Le Rubis appareille pour miner les accès sud et nord d’Egersund. Le 21 août, il mouille ses premières mines dans le chenal sud, puis se dirige au nord et aperçoit à 2000 m, un pétrolier de 3000 tonnes escorté. Le Rubis l’attaque mais la torpille reste coincée au tube. Le convoi s’éloigne sans le détecter. Il poursuit sa route vers le second mouillage. Arrivé sur les lieux il aperçoit un convoi à 8 miles qui fait route vers le point de mouillage. Les mines en place, le Rubis attaque le convoi maintenant très proche. Un escorteur passe à 150 mètres au moment où le Rubis lance deux torpilles à cinq secondes d’intervalle. Les deux torpilles font but sur le bâtiment de tête, un cargo de 4.000 tonnes à une distance inférieure à 500 mètres. Le Rubis est secoué par les explosions du cargo, endommageant la batterie principale. il touche le fond à 41 mètres. A 22 heures, le Rubis revient en surface sans moteur électrique. Les diesels sont lancés et il s’éloigne de la côte à une vitesse de 10 nœuds. A 6 h 30 du matin, et à 45 miles de la côte, il est obligé de stopper sur incendie batterie. L’équipage reste sur le pont pendant qu’une réparation de fortune lui permet d’obtenir une vitesse de 4 nœuds, Le 23 août à 11 heures soit près de 29 heures après l’incident. Sous protection aérienne, il traverse un champ de mines allemand et se dirige vers une escorte imposante qui l’attend de l’autre côté du champs de mines. Il rallie Dundee le 25 août, déplorant la perte d’un homme d’équipage tombé à l’eau durant la nuit. 
Résultats : 1 ravitailleur de 4360 tonnes coulé à la torpille et un chasseur de sous marin coulé par mines. Le Rubis entre en indisponibilité.
11èmeopération du 18 novembre au 6 décembre patrouille aux environs du phare d’Utvaer par très mauvais temps.
12ème opération du 8 au 20 janvier 1942. Mouillage de mines le 16 janvier en abord de la côte Française à Saint Jean de Luz. Retour à Falmouth le 20 janvier puis à Holy Loch sous escorte. Le convoi est attaqué par un JU 88 qui largue trois bombes à 150 yards sur l’arrière du Rubis
13ème opération du 12 au 16 mars 1942. Mouillage de mines sur Jutland Bank pas de résultat connu.
14ème opération du 8 au 14 avril. Mouillage de mines aux approches ouest de Trondheim.
15ème opération du 27 mai au 14 juin. Le Rubis rallie la 5ème flottille à Gosport pour 3 mois d’opération dans le Golfe de Gascogne. Mouillage de mines près de Cap Breton le 5 juin, retour à Gosport le 14. 
16ème opération du 30 juin au 15 juillet 1942. Mouillage de mines le 7 juillet au nord d’Arcachon. Le 14 juillet l’escorteur n’est pas au rendez vous. Le chasseur 8 des FNFL qui devait escorter le Rubis a été coulé par des avions. Un seul rescapé. 
17ème opération du 8 au 18 août 1942. Mouillage de mines au nord d’Arcachon le 14 août. 
Résultats des trois derniers mouillage de mines : deux dragueurs coulés, un bateau de 500 tonnes et quatre petits bâtiments, un sous marin, le U 600 est endommagé. Le trafic du minerai de fer venant d’Espagne est interrompu. Le Rubis retourne à Dundee.
18ème opération du 10 au 24 septembre 1942. Mouillage d’un champ de mines en barrage, très au nord à l’Ouest de Tromsø le 18 septembre. Retour à Dundee le 25 septembre. Un bateau de 725 tonnes est coulé. Le Rubis doit plonger deux fois sur alerte aérienne.
Le Rubis rentre en grand carénage jusqu’au 2 mai 1943. Le lieutenant de vaisseau Simon Dubuisson débarque pour prendre le commandement de la Minerve. L’enseigne de vaisseau Vissian le remplace comme officier en second et l’enseigne de vaisseau Lamy comme officier en 3ème (deux des 4 rescapés de la corvette Mimosa des F.N.F.L, torpillée en Atlantique Nord.). 
Après une période d’entrainement, le Rubis rallie la 5ème flottille à Gosport en juin 1943.
19ème opération du 29 juin au 16 juillet 1943. Mouillage de mines à 8 miles de Biscarosse. Un patrouilleur de 650 tonnes et un petit bâtiment sont coulés.
20ème opération du 1er au 8 août 1943. Mouillage de mines au sud du raz de sein et approche de Brest.
21ème opération du 23 août au 11 septembre. Mouillage de mines au nord de Bayonne. Présence à proximité, de quatre torpilleurs allemands. Le Rubis n’est pas détecté.
22ème opération du 22 septembre au 9 octobre. Mouillage de mines à 10 miles au sud de Penmarch le 2 octobre. UN chasseur de sous marin coulé. Les activités sont interrompues jusqu’en février 1944 pour des fissures de coques épaisses au niveau des barres de plongée et direction.
23ème opération du 20 février au 3 mars 1944. Mouillage de mines à l’ouest de Lacanau à 5 miles de la côte.
24ème opération du 17 au 31 mars 1944. Mouillage de mines le 25 mars, près du haut fond de Rochebonne dans le golfe de Gascogne. Le Rubis rallie Dundee, les opérations sont interrompues pour la préparation du débarquement. 
25ème opération du 18 au 29 septembre 1944. Mouillage de mines sur les côtes norvégiennes au sud des approches de Skudenesfjord le 24 septembre. Le 27 septembre deux bâtiments de 5.749 tonnes et 5.295 tonnes ainsi que deux escorteurs sont coulés. 
26ème opération du 14 au 26 octobre 1944. Mouillage de mines sur les côtes de Norvège entre Haugesund et Bergen le 18 octobre. Un escorteur endommagé.
27ème opération du 18 au 29 novembre 1944. Mouillage de mines aux approches de Egersund le 25 novembre, à deux miles du phare d’Egerö. Le Castor de 1.683 tonnes est endommagé. 
28ème opération du 13 au 24 décembre 1944. Mouillage de mines dans le chenal sud de Stavanger le 19 décembre, à un mile de la côte. Le 21 décembre, deux escorteurs et un transport de 5.190 tonnes sont coulés. Un dragueur est coulé durant les opérations de déminage.
La 28ème opération fut la dernière patrouille de guerre du Rubis. il quitte l’Angleterre le 12 juin et rallie Oran le 23 juin. Il est désarmé et l’équipage dispersé.
Après un carénage à Oran et son réarmement le Rubis poursuit son activité sous les ordres de deux commandants successifs avant d’être placé en réserve en 1950.
En 1957 l’Amiral Cabanier intervient pour que le Rubis ne soit pas vendu à la ferraille, et obtient qu’il serve de but sonar.
il est coulé dans le Sud Est du Cap Camarat. Les cendres de l’Amiral Cabanier, du Vice Amiral d’Escadre Rousselot, et du dernier survivant compagnon de la libération de l’équipage, Gaston Sanz, ont été dispersées au dessus de la position du Rubis. 

 

Le "RUBIS" à la position de sa dernière plongée

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